le 01 Avril 2026 à 20h00 Avant-première
Portrait choral au féminin, récit d’initiation à l’âge adulte, chronique d’une vie de débrouille : le premier long métrage de la comédienne Bérangère McNeese est tout cela à la fois. Entre film social et chronique intime, la réalisatrice esquisse aussi une touchante histoire de sororité
Héloïse n’a nulle part où aller. Elle fait la rencontre de Mallorie qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres jeunes femmes. Héloïse va trouver là un nouveau foyer et une nouvelle famille.
Cette sororie s’est créé des règles et des principes, une série de commandements pour mieux affronter l’extérieur : ne fais pas entrer tes problèmes, ne coûte pas d’argent, ramènes-en, et surtout, surtout ne mens pas. Pour trouver les moyens de leur survie, les unes bossent en boîte, l’autre au supermarché. C’est un art de la débrouille, où l’on flirte avec les limites, où l’on transforme les faiblesses en possibles forces, où l’on réclame son dû sans s’en laisser compter. Mais à jouer avec le feu, il arrive que l’on se brûle les ailes.
Les Filles du ciel brode avec une belle modernité sur le motif de la colère des jeunes filles. Mallorie, Jenna et Mona sont en colère contre la précarité qui les empêche de rêver grand, en colère contre les schémas qu’on veut leur imposer, en colère contre l’objectification de leurs corps. Des corps dont elles clament haut et fort l’appartenance, dont elles font des armes plutôt que des faiblesses. Héloïse, l’outsider, pose son regard, et par là même le nôtre sur cette petite communauté autogérée, faite d’entraide et de partage, rattrapée par le poids du dehors, mais aussi par les risques que peuvent entraîner l’appartenance à un groupe, son rôle protecteur mais aussi son rôle possiblement censeur. Le récit reste rugueux, observant avec tendresse la puissance de ces filles, sans en ignorer les aspérités, porté par les performances désarmantes de naturel des quatre jeunes comédiennes, qui trouvent là leurs premiers grands rôles.